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Grève de la "pasta" jeudi en Italie
2007-09-13
Aux grands maux, les grands remèdes. Pour protester contre l'augmentation du prix des pâtes, plusieurs associations de consommateurs italiennes appellent à une grève de 24 heures de la pâte jeudi. Petite précision utile: les grévistes sont appelés à cesser d'en acheter, pas d'en manger.

Pour les producteurs, ce mouvement n'a ni queue ni tête. Selon eux, viser le plat national des Italiens ne va pas dans le bon sens, l'augmentation étant liée à une hausse du cours mondial des céréales.

"Aucun plat ne coûte moins cher que les pâtes", souligne Furio Bragagnolo, vice-président de l'Association italienne des producteurs de pâte. "Ceux qui décident de faire grève contre les pâtes dépenseront plus pour les autres produits qu'ils achèteront. Un plat de pâtes coûte probablement moins cher qu'une pomme."

C'est certainement en Italie, où chaque habitant mange en moyenne 28kg de pâtes par an, que l'augmentation est la plus durement ressentie. Celle-ci est due à une hausse mondiale du prix du blé causée par une croissance de la demande liée à divers phénomènes, et notamment au recours de plus en plus important au blé pour développer des biocarburants, selon Francesco Bertolini, économiste à l'université Bocconi de Milan. L'augmentation de la consommation de blé dans les pays en développement y contribue également.

En conséquence, les stocks mondiaux de blé diminuent et le prix augmente, selon le principe de l'offre et de la demande. Ainsi, sur le marché de Bologne, le coût de la farine de blé utilisée pour les pâtes est passé au cours des deux derniers mois de 0,26 euro à 0,45 euro le kilogramme, selon Furio Bragagnolo. L'Italie ne produit qu'environ la moitié de cette farine riche en protéines également utilisée pour le pain, et importe le reste aux Etats-Unis, au Canada et à l'Ukraine.

Selon les prévisions, le prix d'un demi-kilo de pâtes dans un supermarché italien -actuellement de 0,60 à 0,90 euros- devrait subir une augmentation de 0,12 à 0,14 euro, explique Furio Bragagnolo.

Si les associations de consommateurs s'alarment, les citoyens, eux, ne semblent pas trop s'inquiéter du phénomène. "Ça ne me gêne pas vraiment parce que ce n'est pas une augmentation si importante, et, de toute façon, cela concerne une nourriture qui reste peu chère", déclarait mercredi Gabrielle d'Angela, un policier qui faisait ses courses dans le centre de Rome. AP

jp/v547/tl


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